Pierre Gouttebroze vient de nous quitter le 9 août 2026 à l’hopital de Montargis. Pierre dit familièrement “Goutte” a joué un rôle fondamental quoique discret au sein de l’Équipe de Physique Solaire et Stellaire de l’IAS. dans les travaux de modélisation des atmosphères solaire et stellaire. 

Dans le cadre de sa thèse d’État soutenue en 1973 à l’Université Paris 7, il a travaillé sur l’« analyse de l’effet centre-bord observé dans les raies de Mg II solaires », raies observées en ballon par le Laboratoire de Physique Stellaire et Planétaire (LPSP). Une telle analyse a nécessité la mise au point de codes de calcul de transfert hors Équilibre Local qu’il n’a cessé de développer et améliorer par la suite. Un des résultats majeurs de sa thèse concernait la relation entre dissymétries de profils observées et champs de vitesses, un sujet toujours d’actualité.

En relation étroite avec les résultats du polychromateur UV du LPSP à bord du satellite OSO8, Pierre a mis au point des codes de calcul adaptés aux raies observées et les a munis des derniers développements en physique atomique tels que l’inclusion de plus de niveaux et la redistribution en fréquences qui modifie profondément le profil des raies de résonance. Cela lui a permis de continuer et approfondir le travail de Leibacher et Stein sur la propagation des ondes acoustiques dans la chromosphère solaire et leur efficacité dans le chauffage.

Pierre a aussi fait une incursion dans la modélisation des étoiles A.

Dans le cadre de la mission de séismologie IPHIR/PHOBOS du LPSP et du PMOD, Pierre a évalué  l’impact des variations d’opacité sur la visibilité des modes p.

Il a adapté ses codes aux différentes structures observées, y compris les protubérances pour lesquelles les rayonnements incidents ont une importance décisive (l’article de 1993 est cité 172 fois). La structure même des boucles et des protubérances l’a amené à développer un code original en coordonnées cylindriques.

Les derniers travaux de Pierre ont porté sur la mise au point des meilleurs outils de diagnostics des protubérances, en étroite collaboration avec le groupe de Glasgow: élaboration du code “hélium”,  effets de vitesses 2D et 3D.

On peut retrouver la plupart des codes ainsi développés par Pierre sur le site MEDOC de l’IAS.

Outre un chercheur exceptionnel, c’est un ami à l’humour discret et subtil, un mélomane et   un violoniste que nous perdons.

L’inhumation de Pierre Gouttebroze aura lieu le mercredi 19 Août à 10h30 au cimetière de Laroche-près-Feyt en Corrèze  (19340) (pour un covoiturage à partir d’Orsay, contacter rapidement Éric Buchlin, qui pourra aussi transmettre les messages de condoléances).

(Transmis par Jean-Claude Vial)